jeudi 17 décembre 2015

Je n'aime pas dire Au Revoir

Les funérailles de ma grand-mère ont lieu demain matin, heure française.
Je déteste dire Au Revoir. 
Depuis toujours, depuis toute petite, ça me retourne le ventre, à chaque fois. 
Même si c'est temporaire.
Et comme vous l'aurez deviné, je ne pourrai pas assister à la cérémonie, car j'arrive en France samedi.

Alors ma mère m'a demandé si je pouvais écrire un petit quelque chose que mon cousin Mathieu, et ma belle-cousine Justine pourrait lire en son honneur.

Je le partage avec vous, peut-être qu'ils ont le wifi au Paradis...




S’il y a bien une chose qui représente Mamie Josette, c’est l’amour qu’elle nous portait, à nous, ses petits enfants. 
Aujourd’hui, nous parlons pour Claire et pour Elisa, qui sont avec nous par la pensée, nous parlons pour ses petits enfants, de sang et de cœur. Et je sais que vous vous reconnaitrez. 
Nous parlons aussi pour son arrière petit fils, Hugo, qu’elle n’a pas pu rencontrer mais qui la faisait sourire et lui remontait le moral ces derniers mois. Nous lui parlerons de toi Mamie, on te le promet.

Cette année, nous ne pourrons pas faire le pudding de Noel avec Mamie, nous ne pourrons pas le flamber au Rhum avec Papi, sur la table de la salle à manger. Cette année, nous passerons les fêtes en pensant bien à elle, comme un ange sur notre épaule.

Elle aimait les photos, de famille, de ses petits enfants, elle aimait les afficher ou les poser sur le buffet du salon. Elle aimait les fleurs, grignoter des bonbons ou des biscuits tout au long de la journée, elle était gourmande et avait toujours peur que nous manquions de quelque chose. Du goûter fait de baguette et de confiture, des crêpes pour le dîner, des provisions avant de partir, au cas où.

Elle avait toujours peur qu’on ai froid, « mets ta cagoule », « n’oublie pas ton manteau », « mets ton écharpe ». Elle avait toujours un tube de granules d’homéopathie, une crème à l’arnica, pour les petits bobos du quotidien, les angoisses ou le gros rhume du début d’hiver. Depuis le tiroir de la cuisine jusqu’au fond de son sac, aussi plein que celui de Mary Poppins.

Elle avait toujours un prospectus en cours, un bon de réduction à utiliser ou partager, des réserves plein les placards, des cadeaux pour tout le monde, des mots mêlés à résoudre, une liste de choses à compléter. 
Elle aimait nous envoyer des cartes postales, des photos, des petites nouvelles. Elle répondait toujours par la météo du jour quand on lui demandait « comment ça va ? ». Et l’humeur dépendait du temps, du soleil ou des nuages. Elle aimait le sud, la provence, ses douceurs et ses parfums. Elle aimait les voyages et nous ramenait toujours de petits souvenirs de leurs péripéties avec Papi.

Elle nous défendait toujours, quand Papi nous taquinait, quand nous étions leurs crapules, nous passions toujours en premier, tels de petits princes bien trop gâtés. Qu’il s’agisse de conduire l’Audi, de regarder notre émission de télé ou de nous asseoir dans le fauteuil de Papi.

Mamie tu nous as beaucoup donné, tu nous as soutenu, encouragé toujours avec fierté. 
Tu vas beaucoup nous manquer. 
Sache une chose, pour rien au monde nous ne pouvons t’oublier, car tu occupes désormais cette place qui t’es réservée, dans nos cœurs et dans nos pensées.
On t’aime Mamie.

3 commentaires:

  1. Un très beau texte... je penserai à toi demain matin ! Plein de courage d'Allemagne.

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